Logo L'école du Grand Oral

+33 (0)1 40 41 08 71
+33 (0)6 10 70 18 79

Claude Malhuret et l’art oratoire : une leçon pour tous ceux qui s’expriment en public !
12 mars 2025

L’intervention de Claude Malhuret a récemment traversé l’Atlantique, saluée non seulement pour l’acuité de son analyse mais aussi pour sa verve et sa maîtrise de l’art oratoire.

On déconseille souvent de simplement lire son discours, au risque de perdre en impact. Pourtant, le sénateur a magistralement démontré le contraire. Sans effets de manche ni envolées théâtrales, il nous a captivés par la seule force de son texte.

Preuve que l’éloquence véritable repose d’abord sur la solidité du fond et la maîtrise du verbe, bien plus que sur la gestuelle ou la modulation vocale.

On entend aussi que la communication repose à 7 % sur le verbal, 38 % sur le vocal et 55 % sur le visuel. Cette fameuse règle des ‘3V’, largement relayée sur les réseaux sociaux autour de la prise de parole en public, mérite pourtant d’être nuancée, comme le prouve ici l’intervention de l’ancien président de Médecins sans frontières. Car si la posture et la voix jouent un rôle indéniable, elles ne suffisent pas ! Sans un contenu puissant et structuré, l’éloquence devient un simple exercice de style.

Dans L’Orateur idéal, Cicéron affirmait même que l’étude de la philosophie était un préalable à la maîtrise de la rhétorique. Autrement dit : un discours, aussi bien livré soit-il, doit d’abord être solide sur le fond pour marquer les esprits.

Alors, il y a aussi la puissance des images et la parfaite maîtrise des figures de style… Washington comparée « à la cour de Néron » et Musk rhabillé pour l’hiver avec cette périphrase sans appel : « un bouffon sous kétamine chargé de l’épuration de la fonction publique ». Ce ne sont là que quelques-unes des formules les plus reprises par les médias, mais je vous encourage à écouter le discours dans son intégralité : il regorge de subtilités rhétoriques et d’attaques finement ciselées.

Au fond, Claude Malhuret nous rappelle qu’un orateur convaincant ne se contente pas de parler avec facilité : il sait quoi dire, comment le dire, et pourquoi le dire.

Et vous, dans vos prises de parole, quelle place accordez-vous au fond par rapport à la forme ?