Il y a quatre jours, j’ai vu Robert Smith entrer sur scène à Rock en Seine.
Et je ne m’en remets toujours pas !
Pourtant, je n’ai jamais été un fan absolu de The Cure. Malgré tout leur musique fait partie de la bande originale de mon adolescence.
Alors forcément, l’émotion était là.
Ce qui m’a surtout frappé.
Robert Smith entre sur scène… et ne dit rien.
Il prend son temps.
Il regarde le public. Il l’écoute. Il semble presque prendre la mesure de ce qui est devant lui.
Et peu à peu, quelque chose se passe.
Il se synchronise avec son public.
Le choix du premier morceau s’y prête parfaitement : une longue introduction instrumentale lui permet de rester là, face à nous, avant de commencer à chanter.
Est-ce une stratégie ? Un rituel ? Ou simplement l’envie de savourer ce moment ? Je n’en sais rien.
Mais ce silence introductif disait déjà beaucoup de la générosité qu’il allait déployer pendant tout le concert.
Et je me suis dit que nous devrions parfois nous en inspirer lorsque nous prenons la parole.
Nous avons tendance à vouloir commencer trop vite.
À peine arrivé devant notre public, il faudrait déjà parler. Remplir le silence. Se rassurer.
Alors que ces quelques secondes peuvent être précieuses.
Se synchroniser avec ceux qui sont devant nous avant de chercher à les convaincre.
Et si vous avez pris le temps de vraiment préparer votre intervention, alors faites-vous confiance.
Ne vous précipitez pas sur votre premier mot.
Savourez ce silence introductif.
Robert Smith, lui, semblait le savourer.

Et vu ce qu’il nous a donné ensuite, je n’ai désormais qu’une envie : le revoir sur scène.
