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« Mes collaborateurs m’ont préparé un discours… mais je ne vous le lirai pas. »
27 septembre 2026

Cette formule, attribuée à Edgar Faure, me plaît beaucoup.

En littérature, on le comprend : la plume, c’est l’auteur. La polémique récente autour de « C’était écrire ou mourir » l’a encore montré. Plagiat, prête-plume, recours à l’IA… dès lors qu’un autre écrit à votre place, c’est le statut même d’écrivain qui est interrogé.

À l’oral, les choses sont différentes.

Qu’un responsable politique fasse préparer ses discours par une plume ? Cela fait longtemps que c’est admis. Personne ne s’étonne qu’un président, un ministre ou un dirigeant soit entouré de personnes qui l’aident à trouver ses mots.

Il y a bien sûr quelques figures célèbres qui tenaient elles-mêmes la plume : Churchill écrivait ses propres discours, qu’il retravaillait inlassablement ; de Gaulle a lui aussi laissé de nombreux brouillons de ses interventions.

Mais pour les autres, ce n’est un secret pour personne. C’est une pratique connue et admise depuis longtemps.

Alors pourquoi nous priverions-nous aujourd’hui d’avoir, nous aussi, notre plume ?

Elle s’appelle ChatGPT, Claude…

Et pour préparer une prise de parole, elle peut être formidable : trouver une accroche, structurer un propos, raccourcir, reformuler, tester plusieurs versions d’un pitch…

Mais encore faut-il savoir lui désobéir.

Je vois régulièrement des personnes arriver en formation avec un pitch préparé avec ChatGPT ou Claude.

Sur le papier, tout semble impeccable.

Et puis on le dit à voix haute.

Et là, parfois, certaines phrases ne veulent tout simplement rien dire.
D’autres veulent dire quelque chose mais personne ne parlerait comme ça.

C’est là qu’il faut retrouver la liberté d’Edgar Faure.

Regarder ce que sa plume nous propose et être capable de dire :

« Non. Ça, je ne le dirai pas. »

Il faut retravailler le texte, l’alléger, le simplifier, jusqu’à ce qu’il sonne juste et nous ressemble.

Et surtout, reprendre le contrôle de sa propre voix.

L’IA nous offre aujourd’hui à tous une plume.

C’est une chance formidable.

À condition de ne pas lui abandonner notre voix et notre âme.

Et si l’on ne sait pas encore faire ce travail seul, c’est précisément là qu’un formateur ou un coach peut aider : non pas à parler à notre place, mais à nous aider à retrouver notre propre parole.