C’est sans doute la phrase que je prononce le plus souvent en formation.
Et presque à chaque fois, je vois la même réaction.
Un sourire un peu gêné.

Puis la question arrive :
« Mais je ne parlerai jamais comme ça en réunion ! »
Je leur réponds que ce n’est justement pas le but.
Je ne leur apprends pas à parler fort.
Je leur apprends à savoir qu’ils peuvent parler fort.
La nuance est essentielle.
Cela me fait penser aux arts martiaux.
Un pratiquant ne s’entraîne pas pour se battre au quotidien. Il développe une capacité. Et c’est précisément parce qu’il sait qu’il possède cette force qu’il n’a plus besoin de la démontrer.
À l’oral, c’est la même chose.
Une personne qui a déjà exploré toute l’amplitude de sa voix devient plus libre. Elle n’a plus peur de manquer de puissance lorsqu’elle devra défendre un projet, animer une réunion ou prendre la parole devant un comité de direction.
La plupart du temps, elle ne parlera pas plus fort.
En revanche, elle parlera avec davantage d’assurance.
Cette idée me fait penser à Nietzsche. La véritable force n’est peut-être pas celle qui s’impose en permanence, mais celle qui est suffisamment assurée d’elle-même pour ne plus avoir besoin de se prouver.
C’est exactement ce que je cherche à développer chez les personnes que j’accompagne.
Car la confiance ne naît pas seulement de ce que l’on fait.
Elle naît aussi de ce que l’on sait être capable de faire.
Et c’est souvent cette certitude silencieuse qui transforme le plus profondément une prise de parole.
