Hier, lors d’une conférence de presse pour le film Moulin, Gilles Lellouche était interrogé sur un sujet politiquement très sensible.
Sa réponse est extrêmement courte. Et pourtant, elle est très intéressante à analyser d’un point de vue rhétorique. « Elle n’est pas un peu orientée votre question ? »
Je vois au moins deux points particulièrement justes dans cette manière de répondre.
D’abord, il répond à une question… par une question.
C’est souvent une excellente manière de reprendre la main lorsqu’une formulation enferme déjà la réponse dans un cadre problématique. Car ici, le danger est évident : quelle que soit la réponse apportée, elle risque d’être instrumentalisée. Et Gilles Lellouche semble le comprendre immédiatement. Il ne répond donc pas au fond avant d’avoir recadré la forme de la question elle-même.
Deuxième point intéressant : la brièveté. Pas de long tunnel de justification. Pas d’emballement émotionnel. Quelques mots seulement. Dans les échanges tendus, cette capacité à identifier immédiatement le véritable enjeu d’une question est souvent précieuse.
On prépare généralement très bien ses slides, ses arguments, son introduction. Mais beaucoup plus rarement les questions difficiles. Or, dans une présentation, un entretien ou une conférence, c’est souvent là que la crédibilité se joue réellement.
Et vous, face à une question que vous jugez orientée ou piégeuse, avez-vous tendance à répondre immédiatement ou à recadrer d’abord la question ?
