
Cet été, je me suis régalé avec L’Odyssée de l’Odyssée de Christophe Ono dit Biot, une lecture passionnante et très moderne d’un texte que l’on croit connaître.
J’ai eu la bonne idée de lire ce livre avant de voir L’Odyssée de Christopher Nolan. Et en voyant le film, j’ai pris encore plus de plaisir.
Christophe Ono-dit-Biot insiste notamment sur une facette d’Ulysse : ses talents d’orateur et de conteur.
Il écrit à son propos :
« Très bon à l’oral, pour ne pas dire manipulateur, pour convaincre qui il veut. »
On connaît Ulysse le voyageur, le guerrier, l’homme aux mille ruses.
Mais Ulysse est aussi un homme de parole.
Et le livre rappelle quelque chose de fascinant : une grande partie des épisodes les plus célèbres de L’Odyssée nous est racontée par Ulysse lui-même :
Le Cyclope.
Circé.
Les Sirènes.
Scylla et Charybde…
Arrivé chez les Phéaciens, Ulysse prend la parole et raconte son propre périple.
Il devient le conteur de ses propres aventures.
Cet épisode n’apparaît pas tel quel dans le film de Christopher Nolan. Et c’est aussi ce qui m’a plu en découvrant le film après cette lecture : reconnaître les épisodes, observer les choix, ce qui est gardé, transformé ou écarté.
La lecture ne m’a rien gâché du spectacle.
Au contraire : plaisir décuplé !
Et forcément, quand on passe ses journées à travailler sur la prise de parole, difficile de ne pas être sensible à cette dimension d’Ulysse.
Il ne sait pas seulement vivre des aventures.
Il sait les raconter.
